Flowers of Destruction

毀滅之花
陽台可以是在台灣,也可以是在巴黎。橘色的金屬桌與綠色的金屬椅,在陽台上被拖動時會發出刺耳的刮擦聲。被揉爛的 Gauloises 與 Gitanes 香菸盒。一半的起司三明治,中間被咬了一口。香菸屁股散落在一個 Maddox of California 的菸灰缸裡,那是一片沙漠般的荒原。枯萎的雛菊正在度假,度假地點是那種永恆而淨化的光澤——你會在《電影筆記》(Cahiers du Cinéma)五月號封面,還有一本黑市流通的《Cactus Magazine》中看到。Célébrité anonyme 瀰漫在空氣中。搖滾正在改變。電影也是。一切都讓人感覺像是偷渡來的。除了霧霾、火災,還有那些令人驚訝的爆炸。這些感覺好像從未離開過。
收音機被打開。旋鈕被來回調整。然後,在落定之前,我們找到了聲音的歸宿。
〈Under the Stars〉(星下)by The Thrillers
〈My Dream Girl〉(我的夢中情人)by The Waves
〈Innocent Youth〉(天真的青春)by The Blue Seas
〈Nightmare〉(惡夢)by The Spiders
〈Lost in the City〉(迷失在城市)by The Faded Dreams
台灣電台就是一條故事線。
《毀滅之花》是一個劇名。
巴黎的街道就是五月六八。
林黃寬與梅玲聰是兩個可愛的角色。
手邊有可口可樂。
還有笑聲。
林黃寬把她的可口可樂猛力砸向路障,氣泡四濺。林舉起那只透明的瓶子,讓巨大的月亮穿透瓶身,使灑在她臉頰上的可樂水滴像星星一樣閃爍。林看起來就像一幅 Man Ray。接著她對著瓶子朗誦起來。
林黃寬:親愛的可口可樂,你有點像一把倒著彈的吉他。叮噹叮噹叮噹。看到了嗎?我有點像一把少了三條弦的班卓琴。Bip bop burp。哎呀!梅玲,你感覺得到我的暢銷金曲嗎?我就像兩把沒有學徒的火焰噴射器,只是互相看著對方。但你總是在那邊用別的聲音煩我,咚咚敲我的頭,所以我愛你,懂嗎?讓我們把這附近的一切都燒掉吧。我想看所有的慣例被燒成灰燼。但你啊,狡猾的狐狸,就那樣掛在一個 Tiexianzai 上。拿著莫洛托夫的 Tiexianzai 梅玲。多時髦。又甜。我喜歡你這樣!五月的巴黎,是我可以習慣的東西。真是尖叫。
梅玲聰:(狂笑,飲料灑出來)一個製造噪音的噪音,你就是下一個。我就是知道!對,就是你。真他媽的棒!可怕地真實。但那真的很好。而且不管怎樣,革命是從瓶子裡出來的。Dut dut da daaa(旋律地、愛國地)!國歌啊,為革命歌唱!可愛的東西!為革命而活在當下!性!嗯?喔好吧。做愛,不要藝術!做愛,不要藝術!(抓起林那瓶快空的可樂,大口喝下)曼谷 巴黎 紐約!不要再對著雲朵低語了!對我尖叫!我們去跳 go-go 舞吧!
梅玲打開一瓶新的、噴濺四射的可口可樂,然後瘋狂地跳起 go-go 舞
林黃寬:(眼睛發亮,跳舞,假裝從一個空瓶喝酒,極其誇張)Ulllm yezz,鼓槌縣天堂裡的公民女大祭司。我們是摩洛哥高階 Fuqara,我們的妻子把我們當成超凡的聖人。十五世紀早期的遊艇,為法國人航行,不是皮卡迪利的公海。我叫做「團結的回聲」,而你叫做「甜美的撕裂沉默」。我們現在已經靠岸巴黎,在這裡,巴黎青少年一邊暴動,一邊在街上跳 The Shanghai 與 The Zoogaloo,只為了或多或少的蛋糕!巴黎流行音樂統治著電波。台灣衝浪音樂好多了。更地下。任何傳統的東西都很無聊。呃,要不要喝可樂?
梅玲聰躲過暴動人群噴灑的塗鴉,還有林的可樂。她們兩個也開始噴塗鴉。
梅玲聰:Ungawa。作為一艘十五世紀的遊艇,我真是個美麗的東西,林。但叫我《毀滅之花》。噢,把這些混亂、骯髒的塗鴉狠狠推到這個更大的混亂上吧!讓我們浪漫一點。給人民的浪漫!公民們!你們是多麼幸運,有藝術家割你們的喉嚨,把瓶子丟到街上,還有,是的,製造波浪。
林黃寬:波浪?新浪潮?Ooo lala。Godard 走在所有人前面,而且順帶一提,他就在那邊。(指著)
梅玲聰:是啊。剛從他的遊艇上下來。
林黃寬:遊艇?
梅玲聰:它叫 Spring Chicken。
(四周一陣咯咯笑)
林黃寬:啊。春天的巴黎。
梅玲聰:春天的巴黎。
林黃寬:啊。春天春天的巴黎 boogaloo。
梅玲聰:喔 春天春天的巴黎 toodaloo。
林黃寬:喔 這些傻遊戲。
梅玲聰:巴黎。
林黃寬:嗯 是的。力量。
梅玲聰:我們在世界的中心。很 groovy。把浪漫噴灑在空氣中。磚頭在飛。所以這一定是春天。春天春天的巴黎。我的法文沒那麼爛,她一邊說一邊噴塗鴉:創造新事物。
林黃寬:嗯 那很好。
梅玲聰:你很甜。
林黃寬:你忘了點那個 i。
梅玲聰:你還是很甜。(點了 i)
林黃寬:(挑釁地舉起她那瓶噴漆用的可樂)天啊,這裡真吵。正是如此!Godard!字幕準備!一定要是台語的!各位!這是 Freak Beat 巴黎,而我們年輕又不敗!就算以巴黎警棍的標準也是!炸掉我們碼頭裡的遊艇!炸掉所有警棍!去他的警棍國家!
梅玲聰:十五世紀或其他年代都一樣!
林黃寬:他們太 jejune 了。
梅玲聰:對。你太 jejune 了!不。他們太 jejune 了!
林黃寬:各位!笑吧、哭吧、看起來時髦或陰鬱!要真實!不要現代!好吧,更現代一點!混亂感覺很廉價,但它是真的!我太 jejune 了!
梅玲聰:對!別最後睡在煤棚裡!
林黃寬:多轉幾張 45 轉!(一邊轉圈一邊興奮地噴漆)
梅玲聰:對!沒有規則!沒有藝術!只有陽光!
兩人:只有野性的自由!
林黃寬:(指著起義者)看看這些美麗的人!拿起你的攝影機!錄像藝術!錄像錄像藝術!打倒禮節!打倒肥遊艇!
梅玲聰:高舉有趣、可愛、groovy、chic 的人民!反叛吧!那是你的精神!今晚,讓我們一起做愛,然後去倫敦 德黑蘭 開羅 洛杉磯!或呃……隨便怎麼排!我們的暴動式存在!存在主義存在!而那正是它的問題!沒有出口!沒有跳接的混亂!披頭四髮型就在這裡!
林黃寬:就在這裡!
梅玲聰:就在街上!
林黃寬:就在街上!
梅玲聰:對,你說過了。在街上重複說話,是要打倒還是高舉?
林黃寬:時髦又垃圾遍地的巴黎街道!
梅玲聰:這些巴黎街道上的亞洲人雙雙成對!
林黃寬:你在吐槽。
梅玲聰:我在吐槽!
林黃寬:在街上高舉吐槽!
兩人:吐槽這些街道!
梅玲聰:(暈眩、跳上路障,四周都是暴動的青少年)是的!給這團亂象配音!我們的亂象!你的亂象!把這團亂象變成前衛!捏革命的屁股!
林黃寬:錄下你們的迷你裙,感受胸口的火焰!燒掉這些陳腐的藝術畫廊!
梅玲聰:把經典變得庸俗!
林黃寬:把唱片翻面!
梅玲聰:別再吸 Godard 的屌了!
林黃寬:不要警棍!不要警棍!(轉向梅玲)好吧不要警棍,我想他們聽到了。我們走吧。
梅玲聰:聽 Stones!鵝卵石!(轉向林)西班牙南部?西班牙吉普賽音樂,佛朗明哥。我不是指那種俗氣的觀光版。我一直聽到一種拍手聲。
林黃寬:我愛你。不要警棍。不要西班牙。不要無賴。不要電視歌劇。只有錄像藝術,新事物。好酷……
梅玲聰:好酷!
林黃寬:好酷,在電視上裝個麥克風然後隨機錄影。
梅玲聰:電視上更多酷!
林黃寬:拿起你的攝影機。讓我們在午夜一起做愛。
梅玲聰:這是巴黎!
林黃寬:這是巴黎。
梅玲聰:一百年的磚頭在街上飛。
林黃寬:像台灣。穿迷你裙。
梅玲聰:是的。就像台灣。像大多數街道一樣。
Fleurs de Destruction
Le balcon pourrait se trouver n’importe où à Taïwan ou à Paris. La table métallique orange et les chaises métalliques vertes qui grincent bruyamment quand on les déplace sur le balcon. Des paquets froissés de cigarettes Gauloises et Gitanes. Un demi-sandwich au fromage avec une bouchée au milieu. Des mégots de cigarettes jonchant l’étendue désertique d’un cendrier Maddox of California. Des marguerites mortes en vacances dans l’au-delà de cette brillance infinie et purificatrice que l’on trouve sur les couvertures de mai des Cahiers du Cinéma et sur une copie du marché noir de Cactus Magazine. Célébrité anonyme flotte dans l’air. Le Rock n Roll est en train de changer. Et le Cinéma aussi. Tout donne l’impression d’avoir été passé en contrebande. Sauf le smog, les incendies et les explosions surprenantes. Ceux-là donnent l’impression de n’être jamais partis.
Une radio est allumée d’un geste sec. On tripote un cadran. Et avant d’atterrir, nous trouvons notre maison sonore.
“Under the Stars” (星下) by The Thrillers
“My Dream Girl” (我的夢中情人) by The Waves
“Innocent Youth” (天真的青春) by The Blue Seas
“Nightmare” (惡夢) by The Spiders
“Lost in the City” (迷失在城市) by The Faded Dreams
La radio taïwanaise est une ligne narrative.
Flowers of Destruction est un titre de pièce.
Les rues de Paris sont Mai 68.
Lin Huang-Kwan et Mei-Ling Tsung sont deux personnages adorables.
Des bouteilles de Coca-Cola sont à portée de main.
Et le rire aussi.
Lin Huang-Kwan fracasse sa Coca-Cola contre une barricade, le gaz jaillit partout, Lin lève la bouteille transparente pour que la grande Lune la traverse de son faisceau et fasse scintiller les gouttes de Coca-Cola sur ses joues comme des étoiles. Lin ressemble à une Man Ray. Puis elle récite quelque chose à la bouteille.
Lin Huang-Kwan :Chère Coca Cola, tu es un peu comme une guitare à l’envers. Plink plink plink. Tu vois ? Je suis un peu comme un banjo à qui il manque trois cordes. Bip bop burp. Oups ! Tu peux sentir mon tube, Mei-Ling ? Je suis comme deux lance-flammes sans apprenti qui se regardent l’un l’autre. Mais toi, tu m’ennuies toujours en faisant d’autres bruits, bonk bonk sur la tête, alors je t’aime, tu vois ? Brûlons tout ici. Je veux voir chaque convention réduite en cendres. Mais toi, renarde rusée, simplement pendue à un Tiexianzai comme ça. Tiexianzai Mei-Ling avec un molotov. Tellement chic. Et doux. Je t’aime comme ça ! Paris en mai, je peux m’y habituer. Quel cri.
Mei-Ling Tsung :(ricanant follement, sa boisson se renversant) Un bruit qui fait du bruit, tu es la prochaine chose. Je le sais ! Oui, toi. T’es putain de géniale ! Horriblement réelle. Mais c’est vraiment bien. Et de toute façon, la Révolution sort d’une bouteille. Dut dut da daaa (mélodiquement, patriotiquement) ! Hymnes, chantez pour la Révolution ! Des choses mignonnes ! Soyez ici maintenant pour la Révolution ! Le sexe ! Hm ? Bon alors. Faites l’amour pas l’Art ! Faites l’amour pas l’Art ! (Attrape la Coke presque vide de Lin et en boit une énorme gorgée) Bangkok Paris New York ! Plus de chuchotements aux nuages ! Crie-moi dessus ! Allons danser le go-go !
Mei-Ling ouvre une nouvelle bouteille de Coca Cola en éclaboussant, puis danse le go-go de façon déchaînée
Lin Huang-Kwan :(les yeux en feu, dansant, faisant semblant de boire à une bouteille vide, incroyablement) Ulllm yezz, Grande Prêtresse Citoyenne au Paradis de Guchuixian. Nous sommes des Fuqara marocains de haut rang, dont les épouses nous considèrent comme des saints d’un autre monde. Des yachts du début du XVe siècle, naviguant pour les Français, pas pour les hautes mers de Piccadilly. Je m’appelle Échos de l’Unité tandis que toi tu t’appelles Doux Silence Déchiqueté. Nous avons maintenant accosté à Paris, où les ados parisiens dansent le Shanghai et le Zoogaloo tout en émeutant dans la rue pour plus ou moins de gâteau ! La pop parisienne règne sur les ondes. La surf music taïwanaise est bien meilleure. Plus underground. Tout ce qui est traditionnel est ennuyeux. Euh, tu veux un Coke ?
Mei-Ling Tsung esquive les jets de graffiti des foules en révolte et maintenant le Coke de Lin. Elles commencent toutes les deux à faire des graffitis aussi.
Mei-Ling Tsung :Ungawa. Moi, en tant que yacht du XVe siècle, je suis une chose des plus belles, Lin. Mais appelle-moi Flowers of Destruction. Ô, projette ce graffiti chaotique et crasseux sur ce chaos encore plus vaste ! Soyons romantiques. La romance pour le Peuple ! Citoyens ! Vous avez tant de chance d’avoir des artistes qui vous tranchent la gorge, jettent des bouteilles dans les rues, et oui, font des vagues.
Lin Huang-Kwan :Des vagues ? Nouvelle Vague ? Ooo lala. Godard est en avance sur tout le monde et d’ailleurs, il est juste là-bas. (elle pointe)
Mei-Ling Tsung :Oui. Tout droit descendu de son yacht aussi.
Lin Huang-Kwan :Yacht ?
Mei-Ling Tsung :Il s’appelle Spring Chicken.
(rigolades générales)
Lin Huang-Kwan :Ah. Paris au Printemps.
Mei-Ling Tsung :Paris au au Printemps.
Lin Huang-Kwan :Ah. Paris au au Printemps boogaloo.
Mei-Ling Tsung :Ô Paris au au Printemps toodaloo.
Lin Huang-Kwan :Ô ces jeux idiots.
Mei-Ling Tsung :Paris.
Lin Huang-Kwan :Hmm oui. Le pouvoir.
Mei-Ling Tsung :Nous sommes au centre du Monde. Être groovy. Vaporiser la romance dans l’air. Les briques volent. Alors ce doit être le Printemps. Paris au au Printemps. Mon français n’est pas si nul, dit-elle en graffitant : Create New Things.
Lin Huang-Kwan :Hmmm c’est bien.
Mei-Ling Tsung :Tu es douce.
Lin Huang-Kwan :Tu as oublié de mettre le point sur le i.
Mei-Ling Tsung :Tu es toujours douce. (elle met le point)
Lin Huang-Kwan :(brandissant défiamment sa bouteille de Coke remplie de peinture) Mon dieu que c’est bruyant ici. Exactement ! Godard ! Lancez les sous-titres ! Assurez-vous qu’ils soient en taïwanais ! Les gens ! C’est le Freak Beat Paris et nous sommes jeunes et invaincus ! Même selon les standards des matraques parisiennes ! Faites exploser les yachts dans nos docks ! Faites exploser toutes les matraques ! Au diable l’État de la Matraque !
Mei-Ling Tsung :XVe siècle ou autre !
Lin Huang-Kwan :Ils sont trop jejune.
Mei-Ling Tsung :C’est vrai. Tu es trop jejune ! Non. Ils sont trop jejune !
Lin Huang-Kwan :Les gens ! Riez, pleurez, soyez chics ou maussades ! Soyez réels ! Pas modernes ! Bon, plus modernes ! Le chaos a l’air bon marché, mais il est réel ! Je suis trop jejune !
Mei-Ling Tsung :Oui ! Ne finissez pas à dormir dans la remise à charbon !
Lin Huang-Kwan :Passez plus de 45 tours ! (tourne et pulvérise de joie)
Mei-Ling Tsung :Oui ! Pas de règles ! Pas d’Art ! Juste du soleil !
Toutes les deux :Juste la Liberté féroce !
Lin Huang-Kwan :(désignant les insurgés) Regardez ces gens magnifiques ! Prenez vos caméras ! Art vidéo ! Vidéo Vidéo Art ! À bas la bienséance ! À bas les gros yachts !
Mei-Ling Tsung :Vive les gens fun, mignons, groovy et chics ! Rebellez-vous ! C’est votre esprit ! Ce soir, faisons tous l’amour et allons à Londres Téhéran Le Caire LA ! Ou euh… comme ça vient ! Notre existence émeutière ! L’existentialisme existe ! Et c’est bien son problème ! Pas de sortie ! Pas de chaos en jump cut ! Coupes de cheveux des Beatles juste ici !
Lin Huang-Kwan :Juste ici !
Mei-Ling Tsung :Juste ici dans la rue !
Lin Huang-Kwan :Juste ici dans la rue !
Mei-Ling Tsung :Oui tu l’as déjà dit. En bas ou en haut avec le fait de dire les choses deux fois dans la rue !
Lin Huang-Kwan :Rues parisiennes chics et jonchées de détritus !
Mei-Ling Tsung :Des paires d’Asiatiques sur ces rues parisiennes !
Lin Huang-Kwan :Tu fais une vanne.
Mei-Ling Tsung :Je fais une vanne !
Lin Huang-Kwan :Vive les vannes dans la rue !
Toutes les deux :Vannez les rues !
Mei-Ling Tsung :(hystérique, sautant sur une barricade, des ados en émeute tout autour) Oui ! Doublez ce bazar ! Notre bazar ! Ton bazar ! Avant-gardisez ce bazar ! Pincez le cul de la Révolution !
Lin Huang-Kwan :Filmez vos mini-jupes, sentez le feu dans vos poitrines ! Brûlez ces galeries d’art périmées !
Mei-Ling Tsung :Rendez l’iconique banal !
Lin Huang-Kwan :Retournez le disque !
Mei-Ling Tsung :Arrête de sucer la bite de Godard !
Lin Huang-Kwan :Pas de matraques ! Pas de matraques ! (se tournant vers Mei-Ling) OK pas de matraques, je pense qu’ils nous ont entendues. Allons-y.
Mei-Ling Tsung :Écoute les Stones ! Les pavés ! (se tournant vers Lin) Le sud de l’Espagne ? Musique gitane espagnole, flamenco. Je ne parle pas du truc touristique kitsch. J’entends toujours une sorte de claquement de mains.
Lin Huang-Kwan :Je t’aime. Pas de matraques. Pas d’Espagne. Pas de vauriens. Pas d’opéra à la télé. Juste de l’art vidéo, la Nouvelle Chose. Trop cool…
Mei-Ling Tsung :Trop cool !
Lin Huang-Kwan :Trop cool, mets un micro sur la télé et filme au hasard.
Mei-Ling Tsung :Encore plus cool à la télé !
Lin Huang-Kwan :Prenez vos caméras. Faisons tous l’amour à minuit.
Mei-Ling Tsung :C’est Paris !
Lin Huang-Kwan :C’est Paris.
Mei-Ling Tsung :Des briques centenaires qui volent dans les rues.
Lin Huang-Kwan :Comme à Taïwan. En mini-jupes.
Mei-Ling Tsung :Oui. Juste comme Taïwan. Comme dans la plupart des rues.
Flowers of Destruction
The balcony could be anywhere in Taiwan or Paris. The orange metal table and green metal chairs that scratch loudly when moved around the balcony. Crunched-up packs of Gauloises and Gitanes cigarettes. Half a cheese sandwich with a bite in the middle. Butts of cigarettes littering the desert expanse of a Maddox of California ashtray. Dead daisies vacationing in the afterlife of endless and purifying sheen found on May edition covers of Cahiers du Cinéma and a black market copy of Cactus Magazine. Célébrité anonyme is in the air. Rock n Roll is changing. And so is Film. Everything feels smuggled. Except the smog, the fires and the surprising explosions. These feel as if they've never gone away.
A radio is flicked on. A dial is fiddled with. And before landing, we find our audio home.
“Under the Stars” (星下) by The Thrillers
“My Dream Girl” (我的夢中情人) by The Waves
“Innocent Youth” (天真的青春) by The Blue Seas
“Nightmare” (惡夢) by The Spiders
“Lost in the City” (迷失在城市) by The Faded Dreams
Taiwanese Radio is a storyline.
Flowers of Destruction is a play title.
Paris streets are Mai 68.
Lin Huang-Kwan and Mei-Ling Tsung are two lovely characters.
Bottles of Coca-Cola are on hand.
And so is laughter.
Lin Huang-Kwan slams her Coca-Cola against a barricade, fizz sprays everywhere, Lin holds up the clear bottle so the large Moon can beam through it and make the Coca-Cola drops on her cheeks sparkle like stars. Lin looks like a Man Ray. Then she recites something to the bottle.
Lin Huang-Kwan: Dear Coca Cola, you're a bit of a backwards guitar. Plink plink plink. You see? I'm a bit of a banjo with three strings missing. Bip bop burp. Whoops! Can you feel my hit song, Mei-Ling? I'm like two flamethrowers without an apprentice just looking at each other. But you're always annoying me making some other noise, bonk bonk on the head, so I love you, you see? Let's burn everything around here. I want to see every convention burnt to the ground. But you, sly fox, just hanging off a Tiexianzai like that. Tiexianzai Mei-Ling with molotov. How chic. And sweet. I like you like that! Paris in May is something I can get used to. What a scream.
Mei-Ling Tsung: (giggling wildly, her drink spilling) A noise making a noise, you're the next thing. I just know it! Yes, you. Arrre fucking great! Horribly real. But that's really good. And anyway, Revolution comes out of a bottle. Dut dut da daaa (melodically, patriotically)! Anthems, sing to the Revolution! Cute things! Be Here Now for the Revolution! Sex! Hm? O well then. Make Love Not Art! Make love Not Art! (Grabs Lin's near-empty Coke and takes a large swig of it) Bangkok Paris New York! No more whispering at the clouds! Scream at me! Let’s go-go dance!
Mai-Ling pops open a new spraying bottle of Coca Cola, then go-go dances wildly
Lin Huang-Kwan: (her eyes alight, dancing, fake-drinking from an empty bottle, incredibly) Ulllm yezz, Citizen High Priestess in Guchuixian Paradise. We are Moroccan High Fuqara, whose wives consider us otherwordly saints. Early 15th Century yachts, sailing for the french not picadilly high seas. I am called Echoes of Unity while you are called Sweet Shredding Silence. We have now docked in Paris, where Parisian teens do The Shanghai and The Zoogaloo while rioting in the street for more or less cake! Paris Pop Music rules the radio waves. Taiwanese Surf music is much better. More underground. Traditional anything is a bore. Uh, have a Coke?
Mei-Ling Tsung dodges the spray of graffiti from the rioting crowds and now Lin's Coke. They both start making graffiti too.
Mei-Ling Tsung: Ungawa. Me, as a 15th century yacht is a most beautiful thing, Lin. But call me Flowers of Destruction. O, thrust this messy, chaotic graffiti onto this bigger mess! Let's be romantic. Romance for The People! Citizens! You are so lucky to have artists slitting your throats, throwing bottles in the streets, and yes, making waves.
Lin Huang-Kwan: Waves? Nouvelle Vague? Ooo lala. Godard's ahead of everybody and up ahead over there, by the way. (pointing)
Mei-Ling Tsung: Yes. Straight off his yacht too.
Lin Huang-Kwan: Yacht?
Mei-Ling Tsung: It's called Spring Chicken.
(giggles all around)
Lin Huang-Kwan: Ah. Paris in the Spring.
Mei-Ling Tsung: Paris in the the Spring.
Lin Huang-Kwan: Ah. Paris in the the Spring boogaloo.
Mei-Ling Tsung: O Paris in the the Spring toodaloo.
Lin Huang-Kwan: O these silly games.
Mei-Ling Tsung: Paris.
Lin Huang-Kwan: Hmm yes. Power.
Mei-Ling Tsung: We are at the center of the World. Being groovy. Spraying romance in the air. Bricks are flying. So this must be Spring. Paris in the the Spring. My french is not so lousy, she sez while graffitis: Create New Things.
Lin Huang-Kwan: Hmmm that's nice.
Mei-Ling Tsung: You're sweet.
Lin Huang-Kwan: You forget to dot the eye.
Mei-Ling Tsung: You're still sweet. (dots the eye)
Lin Huang-Kwan: (raises her own Coke bottle of spray paint defiantly) My word it's loud out here. Exactly! Godard! Cue the subtitles! Be sure they're in Taiwanese! People! This is Freak Beat Paris and we are young and unbeaten! Even by Paris baton standards! Fuck yachts in our docks! Fuck all batons! To hell with The Baton State!
Mei-Ling Tsung: 15th Century or otherwise!
Lin Huang-Kwan: They're too jejune.
Mei-Ling Tsung: Right. You're too jejune! No. They're too jejune!
Lin Huang-Kwan: People! Laugh, cry, look chic or sullen! Be real! Not modern! Well more modern! Chaos feels cheap, but it's real! I'm too jejune!
Mei-Ling Tsung: Right! Don't end up sleeping in the coal shed!
Lin Huang-Kwan: Spin more 45s! (spins and sprays in excitement)
Mei-Ling Tsung: Right! No rules! No Art! Just sunshine!
Both: Just feral Freedom!
Lin Huang-Kwan: (gesturing to the uprisers) Look at these gorgeous people! Grab your camera! Video Art! Video Video Art! Down with decorum! Down with fat yachts!
Mei-Ling Tsung: Up with the fun cute groovy chic People! Rebel! It's your spirit! Tonight, let's all make love and go to London Tehran Ciaro LA! Or uhh . . however it goes! Our riotous existence! Existentialism exists! And that's its problem! No exit! No jump cut chaos! Beatles haircuts right here!
Lin Huang-Kwan: Right here!
Mei-Ling Tsung: Right here on the street!
Lin Huang-Kwan: Right here on the street!
Mei-Ling Tsung: Yeah you said that. Down or up with saying things twice in the streets!
Lin Huang-Kwan: Chic littered Parisian streets!
Mei-Ling Tsung: Pairs of asians on these Parisian streets!
Lin Huang-Kwan: You quip.
Mei-Ling Tsung: I quip!
Lin Huang-Kwan: Up with quipping on these streets!
Both: Quip the streets!
Mei-Ling Tsung: (giddy, jumping onto a barricade, teens rioting all around) Yes! Overdub this mess! Our mess! Your mess! Avant-garde this mess! Ass-pinch the Revolution!
Lin Huang-Kwan: Video your mini skirts, feel fire in your breasts! Burn down these stale art galleries!
Mei-Ling Tsung: Mundane the iconic!
Lin Huang-Kwan: Flip the record!
Mei-Ling Tsung: Stop sucking Godard's dick!
Lin Huang-Kwan: No batons! No batons! (turns to Mei-Ling) OK no batons, I think they heard us. Let's move on.
Mei-Ling Tsung: Listen to the Stones! The cobblestones! (turns to Lin) South of Spain? Spanish Gypsy music, flamenco. I don't mean the tacky touristy type. I keep hearing a kind of clapping.
Lin Huang-Kwan: I love you. No batons. No Spain. No scoundrels. No opera on TV. Just video art, the New Thing. So cool . .
Mei-Ling Tsung: So cool!
Lin Huang-Kwan: So cool, put a mic on TV and videotape randomly.
Mei-Ling Tsung: More cool on TV!
Lin Huang-Kwan: Grab your camera. Let's all make love at midnight.
Mei-Ling Tsung: It's Paris!
Lin Huang-Kwan: It's Paris.
Mei-Ling Tsung: One hundred year old bricks flying in the streets.
Lin Huang-Kwan: Like Taiwan. In mini skirts.
Mei-Ling Tsung: Yes. Just like Taiwan. Like in most streets.
